Bébé à table
Quand il refuse
Grimaces, « non » à tout, légumes boudés : c’est normal. Reproposer sans forcer, jusqu’à 10 fois ou plus s’il le faut.

Refuser un aliment nouveau fait partie de l’apprentissage. Au début de la diversification, une grimace traduit souvent la surprise plutôt que le dégoût. Plus tard, entre 18 mois et 6 ans environ, beaucoup d’enfants se méfient de la nouveauté et boudent même des aliments qu’ils aimaient, surtout les légumes : c’est la néophobie, une phase normale et passagère.
Ce qui aide
- Reproposer un autre jour, sans insister : il faut parfois jusqu’à 10 présentations, voire davantage, pour qu’un aliment refusé soit accepté, puis apprécié.
- Varier les préparations : à la vapeur, en purée, en gratin, en soupe, en morceaux… Un même légume n’a ni le même goût ni le même aspect d’une recette à l’autre.
- Changer souvent de légume et de fruit, surtout au début : la variété l’aide à accepter la nouveauté.
- Manger avec lui, les mêmes aliments, en montrant que vous aimez ça : manger est un plaisir contagieux.
- Lui faire connaître l’aliment autrement, même sans le goûter : le voir au marché, le toucher, le sentir, le nommer en cuisinant.
- Lui proposer d’y goûter une toute petite quantité : s’il a goûté, c’est déjà bien.
- Des repas calmes, sans écran.
Ce qui n’aide pas
- Le forcer, insister cuillère après cuillère, lui faire finir son assiette.
- Le chantage, les récompenses et les punitions : « encore une cuillère pour me faire plaisir », « si tu finis, tu auras un dessert ».
- Compenser un plat boudé par plus de dessert, un gros goûter ou du grignotage.
- Le féliciter d’avoir « bien mangé » ou le gronder quand il refuse : il mange parce qu’il a faim, pas pour vous faire plaisir.
Qui décide quoi ?
Vous décidez de ce qui est servi ; lui écoute son appétit. Comme vous, il a le droit de ne pas aimer certains aliments, et rien n’empêche de servir souvent ce qu’il aime, à côté de ce qu’il découvre.
Et si vous êtes inquiet ?
L’appétit varie beaucoup d’un jour à l’autre. Au moindre doute, parlez-en à votre médecin ou à la PMI : sa courbe de croissance, suivie à chaque consultation, reste le meilleur repère.
Les autres repères
- Une journée vers 5 mois
- Une journée vers 7 mois
- Une journée vers 10 mois
- Une journée vers 18 mois
- Les textures au fil des mois
- Viande, poisson, œuf : combien ?
- Les matières grasses, indispensables
- Les allergènes : tôt, un à la fois
- Avant 1 an, et jusqu’à 3 ans, on évite…
- Jusqu’à 5 ans, on évite…
- Couper les aliments pour éviter les fausses routes
- Les poissons : deux fois par semaine
- Congeler, décongeler, réchauffer
- Cuisiner la semaine en une fois
- Manger avec les doigts, en sécurité
- Finger food et DME : bébé a-t-il les prérequis ?
- L’eau, sa seule boisson
Sources
- Pas à pas, votre enfant mange comme un grand — le petit guide de la diversification alimentaire (réf. DT05-280-21B) — Santé publique France
- Mon enfant ne veut pas manger : que faire face à son opposition ? — Santé publique France (mangerbouger.fr), 2025
- Avis relatif à l’actualisation des repères alimentaires du PNNS pour les enfants de 0 à 3 ans (saisine 2017-SA-0145) — Anses, 2019
- Les nouvelles recommandations du PNNS sur la diversification alimentaire (Perfectionnement en Pédiatrie, 2022, doi 10.1016/j.perped.2022.04.005) — Comité de nutrition de la Société française de pédiatrie — Bocquet A. et al. (Perfectionnement en Pédiatrie, Elsevier), 2022
- « La diversification alimentaire menée par l’enfant » (DME) : progrès dans l’alimentation du nourrisson ou pratique à risque ? (Perfectionnement en Pédiatrie 2023;6:40–55) — Comité de nutrition de la Société française de pédiatrie — Bocquet A. et al., 2023
- L’alimentation de 4 à 6 mois : le début de la diversification — Ministère chargé de la santé — site 1000 premiers jours, 2025
- L’alimentation de 6 mois à 1 an : à la découverte des textures — Ministère chargé de la santé — site 1000 premiers jours, 2025
- L’alimentation de 1 à 2 ans — Ministère chargé de la santé — site 1000 premiers jours, 2025